Dimanche 25 février 2018
 
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Medecins Maitres Toile

Extrait du livre "Survivre à la leucémie"

 
"Je dédie ce second livre à la mémoire de ma soeur Diane. L’espoir est le lien magique qui nous prend par la main et nous mène à la guérison."

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Chapitre 1 - « Docteur, vous avez la leucémie »

Ayant vécu une greffe de moelle osseuse en 1982, alors que j’étais étudiant en deuxième année de médecine, je vais vous raconter mon histoire, mais en l’enrichissant des expériences d’autres gens qui ont été greffés et que je côtoie du fait de ma profession et de mon engagement dans la lutte contre le cancer. J’ai émaillé mon texte de citations et de poèmes dans le but de faciliter votre compréhension des états d’âme que le malade traverse, ainsi que sa famille, tout au long de la maladie et de son traitement.

- Le coup de massue

Octobre 1981

Dans un laboratoire de l’université, des étudiants de deuxième année de médecine préparent leurs microscopes. Pendant ce temps, un professeur aux cheveux blancs explique l’expérience qui va suivre :

« Vous devrez d’abord prélever une goutte de sang en vous piquant le bout du doigt. Puis vous diluerez cette goutte dans une solution d’eau et de sels et vous la déposerez délicatement sur la lame de votre microscope. Vous devrez faire vite, car les globules blancs ne survivent que quelques minutes hors de l’organisme. »

« Vous ajouterez des bactéries et, après avoir réglé votre microscope de façon qu’il grossisse quatre cents fois, vous promènerez la lame sous l’objectif et vous essaierez de trouver des globules blancs. Vous pourrez alors observer la phagocytose, qui, comme vous le savez, est la propriété qu’ont les globules blancs de reconnaître les bactéries et de les manger. »

« Pour réaliser cette expérience, vous travaillerez en groupes de trois étudiants. »

Comme d’habitude, je travaille avec deux amis, Serge et Stephan. Nous tirons au sort pour savoir qui sera le cobaye et je suis l’heureux élu. Nous suivons la méthode décrite par notre professeur, puis je regarde mon prélèvement.

« Eh bien ! je suis chanceux, je vois six globules blancs du premier coup. »

Stephan observe à son tour et ajoute : « Tes globules blancs sont paresseux, mon vieux, ils ne bouffent aucune bactérie. »

Après un commentaire moqueur, Serge se penche aussi sur le microscope.

« Ouais, mon Bob, c’est vrai que tes globules blancs ont l’air paresseux ; et quand je déplace la lame, j’en trouve facilement d’autres. C’est étrange. »

Comme je souffre d’une grippe, nous en concluons que le nombre de globules blancs est augmenté à cause de cette infection. Serge se pique alors le doigt, et nous recommençons l’expérience pour observer la phagocytose. Nous remarquons que les globules de Serge sont moins nombreux et dévorent les bactéries.

Novembre 1981

Il commence à faire froid, les feuilles sont tombées depuis longtemps déjà. Je suis assis avec deux cent neuf autres étudiants dans un local mal aéré et surchauffé. Nous attendons avec impatience la fin du cours de onze heures trente : tous les jours, nous nous rassemblons à l’heure du dîner pour pratiquer un sport. Aujourd’hui, la saison du hockey débute et nous jouons notre premier match contre l’équipe de troisième année. J’aime tous les sports, mais c’est le hockey que je préfère. Lorsque le cours se termine enfin et que je sors de la classe, une secrétaire m’interpelle :

« Robert Patenaude, c’est bien vous ?

  • Oui.
  • Le médecin de la clinique universitaire essaie de vous joindre depuis deux semaines, vous n’êtes pas souvent à la maison ! Il veut vous revoir le plus tôt possible.
  • Pourquoi ?
  • Je ne sais pas, mais cela a l’air important.
  • D’accord, j’irai la semaine prochaine.
  • Non, il veut vous voir cet après-midi.
  • Ah ! bon, j’irai après le hockey alors. »

Un mois plus tôt, tous les étudiants ont passé un examen physique complet incluant des prises de sang et une radiographie des poumons. Nous devons tous subir ces examens avant d’aller faire des stages dans les hôpitaux.

Le match terminé, je me présente à la clinique en me disant qu’il doit s’agir d’une MTS ; pourtant, je n’ai pas de symptômes. Le médecin m’interroge :

« Avez-vous des douleurs aux os ?

  • Non.
  • Avez-vous souvent des saignements ou des bleus ?
  • Non.
  • Avez-vous perdu du poids ?
  • Non.
  • Est-ce que vous transpirez la nuit ? »

En blaguant, je lui réponds : « Ça dépend si je dors seul ou pas. »

Puis il m’examine et ajoute :

« L’examen est normal sauf en ce qui concerne votre rate, qui a augmenté de volume. Ne faites donc aucun sport violent, tels le hockey et le football, jusqu’à nouvel ordre, sinon vous risquez une rupture de la rate, ce qui pourrait provoquer une hémorragie dans votre abdomen.

  • Bon, qu’est-ce que j’ai, docteur ? Une MST ?
  • Non, il s’agit d’un problème de sang. Mais avant de vous en dire plus long, j’aimerais que vous alliez en hématologie dans un hôpital universitaire. Je vous ai pris un rendez-vous pour demain matin. »

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